[Re]penser le MAAOA - Retrouvez les travaux du comité de réflexion
Marseille est la seule ville de France, outre Paris et le Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, où il est possible de visiter un musée exclusivement consacré à des collections extra-européennes.
Ouvert en 1992, le Musée d'Arts Africains, Océaniens et Amérindiens - MAAOA conserve une collection de plus de 4 000 objets et restes humains dont certains uniques au monde. Ils sont, pour la plupart, issus de donations privées faites à la Ville de Marseille depuis 1980.
Projet
Alors que l’ensemble des musées ethnographiques et d’arts extra-européens connaissent, partout dans le monde, une période de profonds changements, le MAAOA s’engage, comme l’ensemble des musées municipaux de Marseille, à questionner de manière ouverte l’histoire de ses collections, sa programmation culturelle et son rôle sociétal sur son territoire autant qu’aux échelles nationales, méditerranéennes et internationales. Pour cela, l’établissement prend en compte l’évolution des enjeux muséaux à l’échelle globale. Il entend également s’ancrer sur le plan local, pour articuler notamment sa politique de recherche de provenance, de participation des communautés et d’inclusion des plus larges publics en prenant en considération l’histoire du territoire marseillais, son cosmopolitisme ancien et les sensibilités de ses habitants.
Afin de répondre aux défis de transformation qui se posent à lui, le musée met en œuvre depuis plusieurs mois une démarche de réflexion : [Re]penser le MAAOA, dont la méthodologie collaborative garantit la définition d’espaces et de temps de construction partagés. Ce processus, auquel est associé un comité de réflexion international placé sous la présidence du philosophe et professeur à l’Université de Columbia Souleymane Bachir Diagne, repose d’une part sur la volonté du musée de mettre en œuvre une symétrie raisonnée des relations vis à vis des communautés, de leurs représentants ou de leurs diasporas, dont sont originaires les collections, mais aussi sur sa capacité à faire preuve de transparence, qu’elle soit d’ordre méthodologique, historique ou culturelle.
> Dossier de présentation (PDF)
> Les membres du comité de réflexion (PDF)
> Programme du premier Comité - #1 Être en collections (PDF)
> Programme du deuxième Comité - #2 Être en réseaux (PDF)

MAAOA-Gastaut_06 © Ville de Marseille

MAAOA-Gastaut_05 © Ville de Marseille

M0920_MAAOA-GUERRE-3_V © Ville de Marseille

Vitrine vide mise en oeuvre dans la cadre de la restitution d'une tête maori en 2012 © Ville de Marseille
Marseille is the only city in France, apart from Paris and the Musée du Quai Branly - Jacques Chirac, where one may visit a museum devoted exclusively to extra-European collections. Opened in 1992, the Museum of African, Oceanian and Amerindian Arts (MAAOA) houses a collection of nearly 4,000 objects. Its holdings preserve a number of works unique in the world, most of them originating from private donations made to the City of Marseille since the 1980s.
At a time when ethnographic museums and institutions dedicated to extra- European arts are undergoing profound transformations across the globe, the MAAOA, alongside Marseille’s municipal museums as a whole, is committed to openly re-examining the history of its collections, its cultural programming, and its societal role — both within its local territory and on national, Mediterranean, and international scales. To this end, the institution takes into account the evolving challenges facing museums worldwide. It also seeks to root itself firmly in its local context, notably by aligning its provenance research policy, community participation initiatives, and commitment to broad public inclusion with the history of Marseille, its long-standing cosmopolitan character, and the sensibilities of its inhabitants.
In response to the challenges of transformation before it, the museum has, for several months now, been engaged in a reflective initiative entitled [Re]thinking the MAAOA, whose collaborative methodology ensures the creation of shared spaces and moments for collective deliberation. This process, supported by an international advisory committee chaired by the philosopher and Columbia University professor Souleymane Bachir Diagne, is founded both on the museum’s determination to establish a carefully considered symmetry in its relationships with the communities - as well as their representatives and diasporas - from which the collections originate, and on its capacity to demonstrate transparency, whether methodological, historical, or cultural in nature.
> Presentation (PDF)
> Reflection Committee - # 1 – Be(ing) in collections (PDF)
> Reflection Committee - # 2 – Be(ing) in networked (PDF)
Tables rondes [Re]penser le MAAOA et colloque
Table ronde [Re]penser le MAAOA - Être en réseau / Être un musée engagé
26 février 2026
Au cœur de la démarche [Re]penser le MAAOA, entamée par le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, réside la construction de temps d’échanges. Partie intégrante de la réflexion, cette mise en dialogue de sujets qui questionnent tout autant le milieu des musées que la société, nous invite durant cette deuxième table ronde à interroger la notion d’engagement. En effet, comment aujourd’hui faire du musée un espace fécond d’engagements au service des savoirs, de l’éducation et de la recherche mais aussi des publics et donc de l’inclusion et de l’hospitalité ? Comment [re]penser un musée plus ouvert, investi de manière constructive dans un réseau local, national et international ? Comment inscrire ces engagements dans nos pratiques, nos programmations mais également nos projets d’établissement ?
Participants :
Aurélie Clemente-Ruiz, directrice du Musée de l’Homme et autrice de "Pour un musée engagé, Transmettre, interroger, inspirer"
Émilie Girard, Présidente d’ ICOM France et directrice des musées de Strasbourg
Olivier Cogne, directeur du musée dauphinois, membre du bureau de la FeMS et membre fondateur du réseau des musées engagés
Benoît Martin, directeur du MAAOA, Musées de Marseille
Modération : Samia Chabani, Coordinatrice générale, Ancrages
Table ronde [Re]penser le MAAOA - Être en collections
19 novembre 2025
Au cœur de la réflexion entamée par le Musée d'Arts Africains, Océaniens, Amérindiens, "[Re]penser le MAAOA", résident ses collections. Elles sont à la fois à l’origine de sa création, ont dessiné son identité initiale et conduisent de manière directe et indirecte aux réflexions et aux questionnements dont les milieux des musées et de la recherche mais aussi les acteurs de la société civile se saisissent aujourd'hui.
C’est autour d’elles, de leurs histoires, de leurs lacunes, de leurs circulations mais aussi de leurs contradictions que s’articulent cette première table ronde construite en partenariat avec l'association Ancrages.
Partie intégrante de la démarche de l'établissement, ce temps d'échange invite de manière ouverte à repositionner la place du MAAOA au sein de l'histoire globale des musées d’ethnologie et d'arts extra-occidentaux mais aussi à confronter les approches variées des pratiques professionnelles tout en interrogeant la capacité des collections à être des porteurs de pluralité de récits et vecteurs de la construction d'une éthique relationnelle partagée."
Participants :
Franck Komlan Ogou, Directeur de l'École du Patrimoine Africain – EPA
Camille Faucourt, Conservatrice, responsable du pôle Mobilités et Métissages, MUCEM
Fabien Van Geert, Maître de conférence en muséologie, Université Sorbonne nouvelle
Benoît Martin, Directeur du MAAOA, Musée de Marseille
Modération : Samia Chabani Chabani, Coordinatrice générale, Ancrages
Colloque "Ports et territoires méditerranéens : circulation des biens culturels, constitution des collections extra-européennes (XVIIe-XXIe siècles)"
22 au 24 octobre 2025
Ce colloque propose d’analyser la constitution des collections publiques et privées des biens culturels extra-européens autour du bassin méditerranéen. Depuis l’Antiquité, et jusqu’au monde contemporain, la Méditerranée demeure un carrefour stratégique de la circulation des biens, des personnes et des idées, un "espace-mouvement" comme l’a défini Fernand Braudel. Les villes ports (Marseille, Toulon, Gênes, Barcelone…) constituent les plaques tournantes pour l’arrivée des objets et leur diffusion auprès des marchands, avant leur "mise en collection", voir leur patrimonialisation dans les institutions.
Colloque organisé par le laboratoire Telemme, AMU en partenariat avec le Musée des Arts Africains, Océaniens, Amérindiens (Pôle des Musée de Marseille), le Musée Calvet (Avignon), et l'Institut national d'histoire de l'art, dans le cadre du groupe de travail Collections et collectionneurs d’objets extra-occidentaux en Méditerranée Projet lauréat 2025 du programme de l’INHA Carte blanche : histoire de l’art en région.
This symposium proposes to analyze the constitution of public and private collections of non-European cultural goods around the Mediterranean basin. Since antiquity, and up to the contemporary world, the Mediterranean remains a strategic crossroads for the circulation of goods, people and ideas, a "space-movement" as defined by Fernand Braudel.
Il y a également les vido du colloque d'ocotbre 2025.The port cities (Marseille, Toulon, Genoa, Barcelona...) are the hubs for the arrival of objects and their distribution to merchants, before they are "put in collection", or even their heritage status in institutions.
Symposium organized by the Telemme laboratory, AMU in partnership with the Museum of African, Oceanian, and Native American Arts (Marseille Museums), the Calvet Museum (Avignon), and the National Institute of Art History, in the context of the working group Collections and collectors of non-Western objects in the Mediterranean Project 2025 winner of the INHA program Carte blanche: history of art in the region.
Session 1
Session 2
Session 3
Afrodites
Conférence musicale
Le programme (PDF)
MAAOA x Med*Arts
Un projet qui s'inscrit dans la démarche [Re]penser le MAAOA
Co-construit avec les étudiant.e.s et le corps enseignant du secteur Med*Arts – médiation culturelle des arts rattaché au département Arts d’Aix-Marseille Université et du DNMADE de l’École de design de Marseille, ce projet tutoré s’inscrit dans la démarche [Re]penser le MAAOA actuellement conduite par le Musée d’Arts Africains, Océaniens, Amérindiens.
Ce projet collaboratif vise, comme notamment la Convention de Faro nous y invite, à réaliser une généalogie critique des collections du MAAOA à travers les régimes de valeurs du patrimoine culturel pour la société, hier, aujourd’hui et demain, afin de rendre leurs expressions visibles et audibles au sein des espaces du musée.
Une coopération au service d’un patrimoine partagé
Les discussions amorcées il y a maintenant deux ans ont d’abord permis de repenser, avec l’équipe du musée, les modalités mêmes de collaboration entre étudiant·es et institution. Conformément à la logique de co-construction, les étudiant·es du master n’interviendront pas comme prestataires chargé·es d’appliquer une commande définie en amont par le musée, mais comme co-chercheur·euses associé·es à une démarche de recherche-action.
La coopération entre le MAAOA et le master Med*Arts offre une formidable opportunité de mettre à l’épreuve, dans un contexte muséal concret et au prisme de la médiation culturelle, les principes portés par la Convention de Faro.
Cette posture repose sur une recherche préalable menée par ancienne étudiante du master diplômée en 2026, lors d’un stage effectué entre le laboratoire LESA et le MAAOA. Cette étudiante a mené une enquête de plusieurs mois et collecté un ensemble important de données - entretiens, documents, objets - qu’elle transmet aux étudiant·es du M2 chargé·es de prendre le relais de cette recherche.
Quatre groupes d’étudiant·es vont ainsi enquêter sur l’évolution dans le temps des valeurs des patrimoines du MAAOA pour la société : quelles valeurs scientifiques, artistiques, familiales et économiques ont-ils eues, et comment ont-elles évolué ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Quels débats cela soulève-t-il ? Quelles valeurs potentielles pour les générations futures ? Et quelles actualisations proposer des processus d’attribution de la valeur ?
Ces chantiers s’enrichiront au fil d’autres rencontres, collectes et échanges, jusqu’à l’élaboration de balades patrimoniales présentées à la fin du semestre, puis d’une version sonore (podcast) et d’un livret pédagogique en mars 2027. Ce travail est l’occasion, pour les futur·es médiateurs et médiatrices du master, de faire l’expérience du doute, du tâtonnement et du scrupule qui caractérisent aussi bien la posture de recherche que celle de la médiation critique.
Enfin, cette coopération est aussi l’occasion d’interroger la place de l’institution dans ce processus. Loin de subir un simple déplacement, le MAAOA a lui-même posé ce décentrement comme un préalable méthodologique à la réflexion engagée sur son identité muséale, dans la perspective d’inscrire durablement, au sein de son Projet Culturel Scientifique Éducatif et Social, les principes d’une éthique relationnelle partagée : de garant exclusif du discours sur les collections, il choisit de devenir facilitateur d’un dialogue dont il ne maîtrise plus entièrement l’issue.
Ce choix n’en demeure pas moins porteur d’une tension féconde autant qu’inconfortable, car il engage la responsabilité scientifique de l’institution tout en l’amenant à partager, au moins partiellement, son autorité interprétative. C’est précisément cette tension que ce partenariat se propose d’explorer avec les étudiant·es du master, dans une démarche de recherche et d’expérimentation partagée.
Du patrimoine à la relation
Il ne s’agit donc pas seulement, pour les étudiant·es, d’apprendre à concevoir un dispositif de médiation autrement. Il s’agit aussi d’expérimenter une autre manière de travailler avec une institution patrimoniale, en faisant de la médiation un espace de recherche, de négociation et, potentiellement, de transformation des relations entre l’institution, les collections et les personnes qui s’en saisissent.
Grâce à ce projet tutoré et à sa résonance avec la réflexion menée par le musée, une possibilité exceptionnelle s’offre aujourd’hui de repenser la plurivocalité des récits et l’alternance des voix, de créer les conditions d’une éthique relationnelle partagée et de redessiner le périmètre d’un musée de-des société-s en lien avec son territoire.
Un blog pour suivre le projet : https://medarts.toile-libre.org/repenser-le-maaoa/