Le Musée des Beaux-Arts vient d'accueillir un tableau de Louis Finson
Donation exceptionnelle aux Musées de Marseille !
Le Musée des Beaux-Arts vient d'accueillir au sein de sa collection permanente un tableau de Saint-Sébastien de Louis Finson. Une œuvre exceptionnelle d'une valeur estimée à un demi-million d'euros.
Le tableau sera présenté au public gratuitement du 3 au 5 octobre, n'hésitez pas à venir l'admirer et à en découvrir plus sur l'artiste Louis Finson.
Musée des Beaux-Arts de Marseille
► Du 3 au 5 octobre, présentation dans la collection permanente
► Tout public, entrée gratuite
Une œuvre exceptionnelle au Musée des Beaux-Arts
Peint en 1612 à Naples, le Saint-Sébastien de Louis Finson, figure majeure du caravagisme en Europe, rejoint les collections du Musée des Beaux-Arts de Marseille.
La Ville de Marseille est heureuse d’annoncer une donation exceptionnelle : le Saint-Sébastien de Louis Finson, estimé à 500.000 euros, qui viendra enrichir les collections municipales. Cette entrée remarquable constitue la plus importante donation aux Musées de la Ville de Marseille depuis les grands legs de Jules Cantini et de Marie Grobet, au début du XXe siècle.
L’œuvre sera présentée au public au Musée des Beaux-Arts de Marseille du 3 au 5 octobre 2025, avant d’être confiée au Centre Interdisciplinaire de Conservation et de Restauration du Patrimoine (CICRP) pour une campagne de restauration. Elle réintégrera définitivement les collections du musée à l’automne 2026.
Une donation d’une valeur historique et artistique exceptionnelle
Cette œuvre, figurant un saint-Sébastien, a été donnée à la Ville de Marseille par La Fondation JG abritée par la Fondation La Sauvegarde de l’Art Français. Elle représente un apport majeur à l’histoire de l’art au niveau international et vient renforcer les importants fonds caravagesques du musée des Beaux-Arts. D’une valeur estimée à 500.000 euros, cette donation constitue la plus importante entrée dans les collections municipales depuis les dons et legs des mécènes et collectionneurs Jules Cantini et Marie Grobet, au début du XXe siècle. Présenté exceptionnellement au musée pendant quelques jours, le tableau sera ensuite restauré avant de retrouver sa place définitive dans les salles du musée en 2026.
Le Saint-Sébastien rejoindra dans l’accrochage La Madeleine en extase de Finson, dont il est contemporain. Les deux œuvres se répondent par leur intensité dramatique, où s’entrelacent souffrance, émotion et mouvement : le corps martyrisé de saint-Sébastien fait écho à Marie-Madeleine, qui, ayant renoncé au monde, s’abandonne en extase devant la croix jaillissant de l’ombre de la grotte où elle vit en ermite à la Sainte-Baume.

(à droite) Nicolas Misery, directeur des Musées de Marseille, et Luc Georget, conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts, devant le Saint-Sébastien de Louis Finson. © Ville de Marseille

L’arrivée du tableau de Saint-Sébastien de Louis Finson au Musée des Beaux-Arts de Marseille © Ville de Marseille
Louis Finson, ami et collaborateur de Caravage
Né à Bruges, Louis Finson (v. 1575 - 1617) est une figure clé du caravagisme à l’échelle internationale. Installé à Rome vers 1600, il s’établit ensuite à Naples, où sa présence est attestée dès 1605. C’est là qu’il se lie d’amitié avec Caravage, alors au sommet de sa gloire artistique, et qu’il l’accueille dans son atelier en 1606. De cette rencontre naît une collaboration artistique étroite, qui influence profondément le travail de Finson. Ce dernier assimile les innovations picturales de Caravage dans sa propre production et réalise également des copies de ses oeuvres à des fins commerciales. Certaines portent sa signature, comme la Madeleine en extase (1612), qui fait partie des collections des Musées de Marseille.
En tant que marchand d’art, Finson possède également plusieurs oeuvres de Caravage, parmi lesquelles La Vierge du Rosaire (1605-1607), aujourd’hui au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Cette œuvre, qu’il partage un temps avec Abraham Vinck, était destinée à la vente. En février 1613, Finson quitte Naples et s’installe à Marseille, sans doute dans l’espoir de poursuivre sa carrière en France, en Espagne ou en Europe du Nord. Dans les années suivantes, il travaille à Marseille et intervient également à Aix-en-Provence, Arles, Toulouse et Paris, diffusant l’influence du caravagisme d’abord en Provence, puis dans toute la France. À son arrivée en France, il détient encore plusieurs oeuvres originales de Caravage, dont La Vierge du Rosaire, une Judith et Holopherne aujourd’hui non identifiée, et peut-être la Crucifixion de saint André (1607, The Cleveland Museum of Art). Il apporte également plusieurs tableaux de sa propre main, réalisés à Naples, dont la Madeleine en extase et, très probablement, le Saint Sébastien qui intègre aujourd’hui les collections du musée.

Accrochage actuel Louis Finson, Saint-Sébastien, signé et daté de 1612, Huile sur toile, 147,5 x 114,5 cm © Ville de Marseille

(à droite) Nicolas Misery, directeur des Musées de Marseille, et Luc Georget, conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts, devant le Saint-Sébastien de Louis Finson. © Ville de Marseille
Saint-Sébastien et le caravagisme en Provence
Signé et daté de sa période napolitaine - "Aloysius Finsonius Belga Brugensis fecit 1612" - ce tableau témoigne de l’activité italienne de Louis Finson.Contemporain de la Madeleine en extase, le Saint-Sébastien explore les mêmes recherches autour du clair-obscur, de l’expression des passions et de la représentation du corps sacré et souffrant. La composition de la tête renversée, présente dans les deux œuvres, illustre l’influence directe de Caravage. Le tableau marque ainsi un moment clé dans l’histoire de l’art, non seulement pour Marseille et la Provence, mais aussi pour le développement du caravagisme en Europe.
Resté en collection privée en Provence depuis le XVIIe siècle, le Saint Sébastien est réapparu récemment. Vendu aux enchères en 2025, il a ensuite été acquis par la fondation JG dans le but de l’offrir à la Ville de Marseille. Cette acquisition vient compléter les fonds méditerranéens du musée pour la période caravagesque, reliant l’Italie et la Provence. Elle enrichit l’étude de l’histoire de l’art à Marseille et ses connexions européennes, encore largement méconnues, que le musée s’attache à explorer à travers ses acquisitions et expositions récentes. Parmi ces projets figure notamment l’achat de l’Allégorie du printemps du peintre Jean Daret, réalisée vers 1641 et acquise en vente publique par la Ville de Marseille en 2025.

Détail du tableau de Louis Finson, Saint-Sébastien, signé et daté de 1612, Huile sur toile, 147,5 x 114,5 cm © Ville de Marseille

Louis Finson, Saint-Sébastien, signé et daté de 1612, Huile sur toile, 147,5 x 114,5 cm © Ville de Marseille
Informations pratiques
Musée des Beaux-Arts de Marseille
Palais Longchamp, Aile gauche,
13004 Marseille
Du mardi au dimanche de 9h à 18h
Accès gratuit aux collections permanentes
Les expositions temporaires sont accessibles gratuitement le premier dimanche du mois ainsi que le premier jour de leur présentation.
Le Musée des Beaux-Arts de Marseille, labellisé "Musée de France", est l’un des quinze premiers musées municipaux créés en France par le Consulat en 1801 et le plus ancien de la ville. Installé depuis 1869 dans l’aile gauche du Palais Longchamp, il abrite une riche collection de plus de 8.000 oeuvres, comprenant peintures, sculptures et dessins du XVIe au XIXe siècle.
De Rubens à David, de Courbet à Monticelli, le musée offre un vaste panorama des écoles italiennes, françaises, flamandes et hollandaises. Il met également en lumière le dynamisme artistique de la Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles.
Les œuvres de Louis Finson, ami de Caravage, ainsi que celles de Jean Daret, Nicolas Mignard ou Michel Serre rappellent combien la Provence a su, durant deux siècles, attirer et retenir des artistes venus d’Europe du Nord comme du Sud.
Un ensemble exceptionnel de peintures, sculptures et dessins du plus grand artiste baroque français, Pierre Puget - né à Marseille en 1620 et mort dans cette même ville en 1694 après une brillante carrière entre la France et l’Italie - illustre parfaitement ce riche mélange d’influences artistiques en Provence.
© Ville de Marseille