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Harmonie rouge, bleue et noire
1951

Musée Cantini

Nicolas De Staël (1914-1955), 1951, huile sur bois, 60 x 81 cm

Après l’exil de sa famille en Pologne en 1919 puis la mort précoce de des parents, Nicolas de Staël étudie à l’académie royale des Beaux-Arts et à l’Académie Saint-Gilles à Bruxelles entre 1933 et 1936. Il commence très tôt à voyager, parcourant le Midi de la France, l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, puis l’Italie. De retour en France, il travaille dans l’atelier de Fernand Léger, fréquente le Louvre où il s’exerce à la copie et rencontre Jean Deyrolle. Engagé dans la Légion étrangère puis mobilisé à Sidi-bel-Abbès, il est démobilisé en septembre 1940 et se rend à Nice et à Grasse où il fréquente Magnelli, Sonia Delaunay, Jean Arp et Le Corbusier qui le confortent dans son évolution vers un langage non-figuratif. De retour à Paris, il expose à deux reprises chez Jeanne Bucher, se lie d’amitié avec Georges Braque et André Lanskoy. Il éprouve de grandes difficultés dans un nouvel atelier. En 1947, il connaît une période heureuse, marquée par un second mariage, la naissance de sa fille Laurence, un contrat avec Louis Carré et la reconnaissance par certains critiques.

Peignant des tableaux de plus en plus chargés en matière, utilisant truelles et couteaux , il s’essaie aux grands formats au début des années 1950. Les premiers signes d’une reconnaissance officielle se multiplient, sa rencontre avec le galeriste Jacques Dubourg lui apporte le succès, le Musée national d’art moderne lui achète une composition en 1950, tandis que le marchand américain Théodore Schempp lui ouvre les portes des grandes collections outre-Atlantique.

Son oeuvre Harmonie rouge, bleu et noire appartient à une période où l’artiste atteint sa pleine maturité, elle témoigne de son attachement à la non-figuration, qu’il pratique en dehors de tout regroupement, dans une quête éperdue d’expression de soi et de liberté.

Marqué par l’exemple de Cézanne et par la découverte des mosaïques lors d’une exposition au musée des Monuments français en 1951, il utilise une gamme de signes minimale (réduite à des cubes, des barres, des bâtonnets tracés au couteau) associée à une palette de tons chauds rythmés par quelques touches de bleu. C’est une impression de mosaïque qui se dégage d’abord du tableau dont la justesse de la disposition de ces touches permet à ce damier de maintenir l’énergie de sa dynamique. Nicolas de Staël concentre son travail de peintre sur les notions d’espace et d’énergie, de densité et de fluidité, dans une absolue liberté d’expérimentation, comme en témoigne cette œuvre dense ouvrant à un espace en devenir qui s’amplifie bien au-delà de la toile.

Acquisition avec l'aide du Fonds Régional d'acquisition des musées et du Fonds du patrimoine en 2003, musée Cantini, Marseille, Inv. C.03.09

Droits d'auteur : © ADAGP, Paris

© Ville de Marseille, Dist. RMN-Grand Palais / Claude Almodovar / Michel Vialle