Exposition "Aden-Marseille. D'un port à l'autre" organisée par les Musées de Marseille et le musée du Louvre
À l’automne 2025, la Ville de Marseille et le musée du Louvre s’associent pour présenter une exposition exceptionnelle au Centre de la Vieille Charité.
À travers une sélection d’œuvres rares et de documents d’archives provenant de collections internationales, Aden-Marseille. D’un port à l’autre retrace plus d’un siècle d’échanges entre les deux ports, révélant la richesse des liens historiques, économiques, humains et culturels qui unissent la cité phocéenne et la ville d’Aden au Yémen.
Vernissage jeudi 20 novembre à 18h30
Venez découvrir gratuitement et avant-première l'exposition.
Des performances musicales de l'artiste Shadi Fathi, artiste internationale iranienne et virtuose des instruments traditionnels persans et kurdes, seront proposées dans les salles.
Du vendredi 21 novembre 2025 au dimanche 29 mars 2026
► Tarif plein : 6 € / Tarif réduit : 3 €
► Billetterie en ligne
► Gratuit le 1er jour de l'exposition et chaque premier dimanche du mois
Exposition inédite dédiée aux relations entre Marseille et Aden
Partenaires de longue date, la Ville de Marseille et l’Établissement public du musée du Louvre franchissent une nouvelle étape dans leur coopération en co-organisant une exposition inédite dédiée aux relations entre Marseille et Aden, deux villes portuaires aux destins entrecroisés. Présentée au Centre de la Vieille Charité du 21 novembre 2025 au 29 mars 2026, cette exposition s’appuie sur un partenariat scientifique ambitieux et une mise en valeur exceptionnelle des collections archéologiques conservées à Marseille et au Louvre.

Yémen, Statue de taureau, 8e s.- 7e s. av. n.è., albâtre, Marseille, Musée d’archéologie méditerranéenne, en dépôt au musée du Louvre, Paris © Musée du Louvre / Raphaël Chipault
Ce parcours riche et documenté s’appuiera sur une vingtaine d’œuvres yéménites, offertes à la Ville de Marseille au tournant du XXᵉ siècle par la Compagnie des messageries maritimes et la famille Riès, négociants spécialisés dans le commerce du café à Aden. Ces pièces dialogueront avec des artefacts et archives prêtés par le musée du Louvre, ainsi que d’autres prestigieuses institutions internationales, parmi lesquelles le British Museum (Londres), le Kunsthistorisches Museum (Vienne), le Vorderasiatisches Museum (Berlin), le Musée Arthur Rimbaud de Charleville-Mézières et plusieurs collections privées.

Thana Faroq, Imagine me like a country of love, 2025, photographie © Thana Faroq
En plaçant Marseille et ses musées au cœur du récit, l’exposition met également en lumière le rôle du port méditerranéen dans les échanges commerciaux, scientifiques et diplomatiques des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Elle souligne la richesse et la complexité des circulations d’objets et d’imaginaires, tout en interrogeant le contexte historique et éthique de la constitution des collections publiques.

Pascal et Maria Maréchaux, Plateau du Djol, vers 2006, photographie © Pascal et Maria Maréchaux
La présence de Marseillais à Aden dès les années 1870 - favorisée par l’ouverture du canal de Suez - sera particulièrement explorée, tout comme celle des Yéménites qui, au fil du temps, se sont installés à Marseille. Des témoignages et créations d’artistes yéménites vivant aujourd’hui dans la cité phocéenne viendront prolonger ce récit au présent, soulignant la vitalité des liens qui perdurent entre les deux communautés et la richesse du Yémen durant la période préislamique.

Camille Bourget, Déchargement d’un cargo, vers 1900, huile sur toile, Marseille, CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) Marseille, CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) © La Collection

Nasser Al Aswadi, Alphabet sudarabique, 2023, sculpture en inox, Paris, musée de l’Institut du monde arabe, donation Claude & France Lemand © Musée de l’IMA / Nasser Al-Aswadi
À travers cet évènement, le Centre de la Vieille Charité confirme son rôle de lieu d’excellence pour la recherche, la conservation et la médiation autour des patrimoines mondiaux.
Cette exposition rappelle aussi l’urgence de la préservation du patrimoine culturel, aujourd’hui gravement menacé par les conflits au Yémen, et célèbre la richesse de la civilisation sudarabique, en particulier celle du royaume de Saba.

Yémen, Fragment d’un bas-relief figurant une déesse tenant des épis de blé, 1er s. - 3e s. n.è., albâtre, Paris, musée du Louvre © Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRMN / Raphaël Chipault
Commissariat général :
Ann Blanchet, Conservatrice en chef du patrimoine au sein des Musées de Marseille
Juliette Honvault, Chargée de recherche à l’IREMAM, AMU - CNRS
Marianne Cotty, Conservatrice du patrimoine département des Antiquités orientales au musée du Louvre
Livret d'accompagnement à la visite - FALC
Les textes présentant les huit chapitres de l’exposition sont transcrits en texte Facile à Lire et à Comprendre au sein d’un livret mis à la disposition des publics.
Disponible à compter janvier 2026
Gratuit, en billetterie
Légende de l’œuvre en haut de page : Brûle-parfum, Musée d'archéologie méditerranéenne de Marseille, en dépôt au musée du Louvre, Paris © Musée du Louvre / Raphaël Chipault
Le parcours de l’exposition Aden-Marseille
Histoires croisées entre deux ports
Les Musées de Marseille mènent depuis plusieurs années une réflexion sur l’histoire de leurs collections et le contexte dans lequel certaines d’entre elles ont été constituées, parfois marqué par les échanges coloniaux des XIXᵉ et XXᵉ siècles. C’est dans cette dynamique qu’est née l’exposition Aden-Marseille. D’un port à l’autre, consacrée aux liens historiques, culturels et humains entre la cité phocéenne et le grand port du sud de la péninsule Arabique.
Au cœur du projet, un ensemble de 25 pièces provenant du Yémen, offertes au Musée d’Archéologie de Marseille au tournant du XXᵉ siècle par des négociants et par la Compagnie des Messageries Maritimes. Témoins matériels de la riche civilisation sudarabique, ces objets rappellent la présence des Marseillais à Aden dès les années 1870, à la faveur de l’ouverture du canal de Suez. Guidés par le commerce du café, mais aussi par la curiosité et l’esprit d’aventure, ils ont participé à la mise en relation de deux mondes.
Complétée par des prêts exceptionnels de grands musées européens et en partenariat avec le musée du Louvre, l’exposition met en lumière les enjeux éthiques et historiques du transfert du patrimoine culturel, en retraçant la circulation des oeuvres dans un contexte de rivalités mais aussi d’échanges entre puissances coloniales. En miroir, elle évoque la présence de communautés yéménites à Marseille au XXᵉ siècle, souvent issues des équipages de navires européens ayant fait escale dans le port méditerranéen.
Entre archéologie, histoire et création contemporaine, Aden-Marseille. D’un port à l’autre, propose un regard croisé sur deux ports qui relient le monde méditerranéen à la péninsule Arabique. Elle rappelle aussi la beauté et la diversité du Yémen, pays de montagnes et de pluies de mousson, dont le patrimoine culturel est aujourd’hui gravement menacé par la guerre, les pillages et les destructions. À travers la pluralité des disciplines et des regards, l’exposition rend hommage à l’immense richesse culturelle et humaine d’un territoire situé au carrefour de grandes civilisations, et aux liens anciens et féconds qui unissent Aden et Marseille.
Partie 1 - Le Yémen et les royaumes sudarabiques
Entre le VIIIᵉ siècle avant notre ère et le VIᵉ siècle de notre ère, le sud de la péninsule Arabique voit naître plusieurs royaumes puissants dont le plus célèbre est sans doute celui de Saba. Politiquement indépendants mais culturellement proches, ces royaumes partagent une même écriture, des techniques d’irrigation élaborées, des pratiques religieuses communes et des styles architecturaux comparables. Cet ensemble forme la civilisation sudarabique, une des plus raffinées du monde antique.

Yémen, Statue de taureau, 8e s.- 7e s. av. n.è., albâtre, Marseille, Musée d’Archéologie de Marseille, en dépôt au musée du Louvre, Paris © Musée du Louvre / Raphaël Chipault
Dans une région au climat aride, les populations ont su maîtriser l’eau grâce à de vastes barrages, terrasses agricoles et systèmes d’irrigation sophistiqués, permettant le développement de grandes villes-oasis et de prestigieux centres religieux. Leur prospérité repose sur le commerce caravanier de l’encens et de la myrrhe, résines aromatiques très recherchées en Méditerranée et au Proche-Orient.
La civilisation sudarabique se distingue également par sa production écrite exceptionnelle : des milliers d’inscriptions gravées sur pierre, à l’esthétique géométrique remarquable, évoquent les rois, les cultes et la vie quotidienne. Ces textes font du Yémen antique une terre d’écriture et de mémoire. Loin des clichés de "l’Arabie Heureuse" ou des récits mythiques de la reine de Saba, le Yémen préislamique apparaît aujourd’hui comme un territoire cultivé, commerçant et ouvert sur le monde.

Yémen, Dossier de trône portant une dédicace à Almaqah, 7e s. av. n.è., albâtre, Marseille, Musée d’Archéologie de Marseille, en dépôt au musée du Louvre, Paris © Musée du Louvre / Raphaël Chipault
L’exposition présente une vingtaine d’œuvres issues des collections du Musée d’Archéologie de Marseille - dont une dalle en albâtre dédiée au dieu Almaqah, datée du VIIIᵉ siècle av. n.è. -, enrichies de prêts exceptionnels du musée du Louvre, du British Museum et d’autres grands musées européens : inscriptions, autels brûle-parfums, statuettes, stèles funéraires, plaques votives, tables à libations et amulettes illustrent la richesse spirituelle, artistique et technique de cette civilisation millénaire.

Yémen, Lampe au bouquetin bondissant, 1er-3e s. n.è., alliage cuivreux, Paris, Musée du Louvre © Musée du Louvre, dist. GrandPalaisRMN / Raphaël Chipault
Partie 2 - Des Européens à Aden : commerce, diplomatie et antiquités
Dès le XVIIᵉ siècle, voyageurs et marchands français fréquentent les rives de la mer Rouge, sur la route des Indes par le cap de Bonne-Espérance. Leurs récits célèbrent les richesses de l’"Arabie Heureuse" et racontent les dangers du détroit de Bab al-Mandeb. À la fin du XVIIᵉ siècle, le commerce du café et des épices à Mokha et Djeddah relance l’intérêt européen. En 1715, le chevalier Jean de La Roque publie le récit de deux voyages depuis Saint-Malo vers l’Arabie, puis un mémoire sur le café, décrivant comment des Marseillais l’introduisent en France à partir du Yémen. Au XVIIIᵉ siècle, Marseille devient un entrepôt majeur de ce commerce, redistribuant en Europe les cargaisons venues de la mer Rouge via l’Égypte.

Anonyme, La Buveuse de café, XVIIIe siècle, huile sur toile, Marseille, Musée des Beaux-Arts de Marseille © Musées de Marseille / Almodovar-Vialle
L’ouverture du canal de Suez (1869) transforme la région : le trafic s’intensifie et les compagnies maritimes européennes multiplient les lignes. Sous domination britannique depuis 1839 et port franc en 1850, Aden devient une escale stratégique de charbonnage et de ravitaillement sur la route de l’Extrême-Orient, tandis que Hodeïda (sous contrôle ottoman à partir de 1849) s’impose comme plate-forme d’échanges, notamment pour le café autrefois exporté depuis Mokha.
Sans établir de colonie, des maisons de commerce marseillaises s’insèrent dans l’enclave britannique en s’appuyant sur ses structures et en en acceptant les contraintes. Un réseau français se constitue autour de l’agence consulaire (1857) et d’hôtels comme l’Hôtel de l’Europe ou le Grand Hôtel de l’Univers (plus tard Grand Royal Hotel). Les conditions de vie, éprouvantes, laissent peu de loisirs avant les années 1940, mais la curiosité est vive : on cartographie, on photographie, on décrit les modes de vie, on collecte spécimens botaniques, objets ethnographiques et surtout antiquités sudarabiques.

Tasse, fouilles de la Quarantaine, Faïence, Musée d’Histoire, Marseille, © Musées de Marseille / Almodovar-Vialle
L’accès direct aux vestiges du royaume de Saba restant difficile - Yémen ottoman, puis règne de l’imam Yahya, pays réputé dangereux et souvent fermé aux étrangers après 1918 -, des pièces archéologiques sont alors acquises depuis Aden par l’intermédiaire de courtiers locaux de plus en plus conscients de l’engouement européen et régional pour l’Antiquité préislamique. Ces achats se font hors contexte archéologique, au gré de découvertes fortuites et de prospections, reflétant les goûts des collectionneurs de l’époque autant que les rivalités de puissances.
Vue aérienne d’Aden, 1933, Photograhie, Fonds Antonin Besse, collection particulière © Fonds Antonin Besse, collection particulière
Plusieurs figures jalonnent cette histoire : les négociants Maurice et Paul Riès (donateurs au Musée d’Archéologie de Marseille), César Tian (associé de Rimbaud), Pierre et Alfred Bardey (donateurs d’objets et de manuscrits), Antonin Besse (grand commerçant et collectionneur, philanthrope à Oxford), ainsi que des responsables britanniques tels W. M. Coghlan, W. F. Prideaux ou F. M. Hunter, tous contributeurs à des collections européennes. Arthur Rimbaud traverse aussi ce paysage. Arrivé à Aden en 1880, il travaille pour Alfred Bardey, séjourne à Harar, croise Hunter et Jules Borelli, puis s’associe à César Tian en 1888. Son itinéraire ajoute, selon Annie Caubet, "une parcelle de romantisme" à l’histoire de ces "documents arrachés au sable".
Cette section de l’exposition met en regard archives, cartes, gravures, photographies, ainsi qu’objets, services à café et antiquités.
L’ensemble restitue le cadre géographique, humain et cosmopolite d’Aden, véritable carrefour entre l’Europe, le Yémen, l’Inde et la Corne de l’Afrique, et éclaire les conditions de circulation et de collecte des œoeuvres qui ont nourri les musées européens.
Partie 3 - Des Yéménites à Marseille : une route migratoire entre Aden, Djibouti et la Méditerranée
À partir de la fin du XIXᵉ siècle, la colonisation d’Aden par les Britanniques et celle de Djibouti par la France entraînent d’importants mouvements migratoires. De nombreux hommes quittent leurs villages des montagnes du sud du Yémen pour travailler au service des Européens, notamment dans les grandes compagnies maritimes. L’essor de la navigation à vapeur crée alors une forte demande de main-d’œuvre peu qualifiée, employée dans les salles des machines des paquebots pour alimenter les chaudières à charbon. Ces travailleurs, recrutés par villages entiers, transitent souvent par Djibouti, où ils obtiennent à partir de 1912 le statut de sujets français. Beaucoup embarquent ensuite sur les lignes de la Compagnie des Messageries Maritimes reliant la mer Rouge à Marseille, qui devient pour eux une première étape vers l’Europe, l’Amérique ou l’Afrique du Nord.

Camille Bourget, Déchargement d’un cargo, vers 1900, huile sur toile, Marseille, CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP) Marseille © La Collection
Durant l’entre-deux-guerres, des réseaux migratoires bien organisés structurent leur arrivée. Des restaurateurs et logeurs, comme Abdou et Ali Nagi, accueillent les marins dans le quartier de la Joliette, autour de la rue Mazenod, près de la cathédrale. Ces "navigateurs", souvent confinés sous le pont des navires, travaillent aussi à quai comme manutentionnaires ou employés portuaires. Leur présence suscite parfois des tensions : en 1910, une grève éclate pour protester contre cette main-d’œuvre perçue comme concurrente. Entre 1869 et 1946, plusieurs milliers de Yéménites transitent ainsi par le port de Marseille, véritable carrefour entre la Méditerranée et la mer Rouge.
Parmi eux, certains connaissent des destins remarquables, comme Hayel Saeed (1902-1990), originaire du sud du Yémen. Embauché comme soutier sur un paquebot puis ouvrier dans une huilerie à Marseille, il retourne à Aden après dix ans et fonde une entreprise devenue l’un des plus grands groupes commerciaux du Moyen-Orient.

Youssef Nabil, The Yemeni Sailors of South Shields, 2006, tirages argentiques colorés à la main, © Bourse de Commerce, Pinault Collection. © Youssef Nabil
Au fil du temps, la communauté yéménite s’enracine à Marseille. Dans les années 2000, une association locale fédère encore cette diaspora autour d’activités culturelles et sportives. Mais la guerre civile qui ravage le Yémen depuis 2015 rend aujourd’hui les déplacements presque impossibles. Seuls ceux disposant de moyens et de réseaux transnationaux peuvent quitter le pays, tout en maintenant des liens forts avec leur terre d’origine. Une enquête-collecte, menée depuis le printemps 2024, vient prolonger cette histoire en recueillant les témoignages des descendants de ces marins et migrants, gardiens d’une mémoire commune entre la mer Rouge et Marseille.

Hugues Fontaine, Mur avec inscriptions, vers 2006, photographie © Hugues Fontaine
Partie 4 - Regards contemporains : créations entre le Yémen, Marseille et l’Europe
Le passé préislamique du Yémen demeure profondément ancré dans la mémoire collective et nourrit une identité commune qui transcende les clivages religieux. Si le mythe de la Reine de Saba a longtemps inspiré les orientalistes, il a aussi, à partir des années 1930, alimenté l’imaginaire du nationalisme arabe, voyant dans le Yémen - la légendaire Arabie Heureuse (al-Yaman al-Sa‘îd) - le berceau de l’arabité. Depuis les années 1960, ce passé glorieux est régulièrement convoqué par l’État yéménite pour renforcer le sentiment d’unité nationale.
Ces représentations se mêlent à d’autres imaginaires : celui d’une Arabie secrète et interdite, soutenu par les récits européens, ou celui d’un pays d’origine porteur d’un idéal de pureté dans la culture arabe. La ville d’Aden, quant à elle, incarne la nostalgie d’un passé cosmopolite et ouvert que plusieurs écrivains et artistes contemporains évoquent avec émotion face à la guerre. Les œuvres rassemblées dans cette partie explorent la continuité et la transformation de ces identités culturelles. Artistes du Yémen, de Marseille et d’Europe y dialoguent à travers leurs créations, mêlant héritages anciens, mémoire et modernité.
Nasser Al-Aswadi, installé entre Sanaa et Marseille, compose des palimpsestes calligraphiés où les lettres deviennent formes et textures. Inspiré des manuscrits anciens et des inscriptions gravées dans la pierre, son travail fait des mots une matière visuelle et spirituelle, captant la lumière, la mémoire et le sacré dans une célébration du présent.

Nasser Al Aswadi, The Hoopoe Series, Houdoud 2, 2024, Huile sur toile © Nasser Al-Aswadi
La sculptrice et céramiste Jeanne Bonnefoy-Mercuriali, qui a vécu au Yémen entre 2008 et 2009, réinvente les formes sobres et géométriques de la statuaire sudarabique à partir de la terre brute de Sanaa. Ses œuvres, entre art et artisanat, évoquent à la fois la fragilité du patrimoine en guerre et la résistance des gestes anciens.
Enfin, la photographe et autrice Thana Faroq, installée aux Pays-Bas, tisse des récits visuels et sonores autour de la mémoire, de l’exil et de la résilience féminine. En mêlant images contemporaines du Yémen, photos d’archives, texte et animation, elle explore la perte, l’appartenance et la reconstruction de soi dans un monde fragmenté.

Thana Faroq, Imagine me like a country of love, 2025, photographie © Thana Faroq
En résonance, ces artistes font dialoguer passé et présent, absence et persistance, et rappellent la vitalité culturelle du Yémen - un territoire blessé mais toujours fécond, où la création devient un acte de mémoire et d’espoir.
Prêteurs
Musée du Louvre, Paris
Institut du Monde Arabe, Paris
Bourse de commerce, Pinault Collection, Paris
British Museum, Londres
St Antony’s College, Oxford
Museo delle Civiltà, Rome
Vorderasiatisches Museum, Berlin
Museum Fünf Kontinente, Munich
Kunsthistorisches Museum, Vienne
CCI métropolitaine Aix-Marseille-Provence (CCIAMP), Marseille
Bibliothèque de l’Alcazar, Marseille
Archives Nationales d’Outre-Mer (ANOM), Aix-en-Provence
French Lines, Le Havre
Musée Arthur Rimbaud, Charleville-Mézières
Fondation Malongo
Jeanne Mercuriali-Bonnefoy (collection privée)
Nasser Al Aswadi (collection privée)
Thana Faroq (collection privée)
Contributeurs scientifiques
Azza Ali Aqil
Archéologue-chercheur en freelance, ex-directrice des musées et de la recherche à la GOAM
Marylène Barret
Conservatrice du patrimoine culturel, consultante internationale, associée au CEFREPA, ex-chargée de coopération patrimoine France-Yémen
Fabien Bartolotti
Docteur en histoire contemporaine, Aix-Marseille Université, CNRS, TELEMMe
Gilbert Buti
Professeur émérite d’histoire, Aix-Marseille Université, MMSH-TELEMMe
Hugues Fontaine
Ecrivain-photographe
Laurent Jolly
Historien, Les Afriques dans le monde (LAM), CNRS-Sciences Po Bordeaux
Lamya Khalidi
Chargée de recherche au CNRS, Université Cote d’Azur - CNRS - CEPAM - UMR 7264
Pascal et Maria Maréchaux
Architectes et photographes
Franck Mermier
Anthropologue, directeur de recherche au CNRS (IRIS)
Michel Péraldi
Anthropologue, directeur de recherche au CNRS (IRIS)
Marine Poirier
Chercheure en sciences politiques, AMU, IREMAM
Lukian Prijac
Ingénieur d’Études, Université Bretagne Sud (Lorient), chercheur associé au Laboratoire TEMOS (CNRS UMR 9016)
Christian Robin
CNRS, membre de l’Institut de France
Jérémie Schiettecatte
Chercheur au CNRS, laboratoire Orient et Méditerranée (UMR 8167)
Michel Tuchscherer
Professeur émérite, Aix-Marseille Université, CNRS, IREMAM, Aix-en-Provence

Thana Faroq, Imagine me like a country of love, 2025, photographie © Thana Faroq
Retour en images sur la soirée vernissage
Photos © Ange Lorente - Ville de Marseille








