Adrien Vescovi investit le Centre de la Vieille Charité à partir du 16 mai
En 2026, les Musées de Marseille invitent l’artiste Adrien Vescovi à investir le Centre de la Vieille Charité.
Pour la chapelle, ainsi que pour l’ensemble des coursives du site, l’artiste conçoit une installation inédite à l’échelle du monument dessiné par Pierre Puget au 17e siècle, et qui s’inspire de ce lieu d’exception.
Commissariat : Laëtitia Olivier, responsable des expositions, Musées de Marseille
Informations pratiques :
Du au
Du mardi au dimanche de 9h à 18h
Fermeture hebdomadaire le lundi, sauf lundi de Pentecôte.
📍Centre de la Vieille Charité
2 rue de la Charité – 13002 Marseille
☎️ 04 91 14 58 80
Création contemporaine
Après Laure Prouvost en 2025, les Musées de Marseille renouvellent leur soutien à la création artistique contemporaine en invitant un artiste à s’emparer du Centre de la Vieille Charité pour y créer une oeuvre inédite, en dialogue avec ce cadre historique et majestueux. En 2026, en appui à la scène marseillaise et méditerranéenne, ils invitent l’artiste Adrien Vescovi, installé à Marseille, à investir non seulement la chapelle, mais aussi les coursives de l’ancien hospice sur ses différents niveaux, dans un temps de travail et d’exposition s’inscrivant volontairement dans la durée.
Dans l’écrin de la Vieille Charité, jouant avec sa chapelle, ses coursives et leurs ombres fluctuantes, Adrien Vescovi imagine une installation monumentale pensée comme une invitation à la déambulation. Œuvre mouvante, délicate et poétique, elle reliera les espaces et les regards, tissant un lien sensible entre l’architecture méditerranéenne du lieu et la création contemporaine.

Vue d’atelier, détail - mars 2026 © Julia Andréone
L’œuvre d’Adrien s’appuie sur une pratique textile, qui explore les résonances du geste artisanal. Chez lui, couture, teinture et matériaux modestes deviennent les porteurs d’une mémoire plurielle, qui fait aussi écho aux ateliers qui jalonnent depuis toujours les rivages méditerranéens. Au cœur de son travail, le tissu - et plus précisément le drap ancien : élément malléable, témoin du quotidien, territoire d’archives silencieuses. Qu’il soit marqué par le temps, imprégné de pigments naturels ou façonné par l’artiste, il accumule les empreintes - celles du passé jusqu’à celles, accidentelles, de sa présentation actuelle. Entre intime et dévoilement, il porte en lui la fragilité des vies humaines autant que la robustesse des gestes qui les accompagnent.

Vue d’atelier, préparation des teintures pour les coursives de la Vieille Charité - mars 2026 © Julia Andréone

Vue d’atelier, dessins préparatoires pour la chapelle de la Vieille Charité - mars 2026 © Julia Andréone
Cette installation s’offrira à tous comme une expérience multiple : perception immédiate d’un dialogue avec l’architecture, sensibilité des matières, poésie plus secrète de strates temporelles qui se superposent.
Dans le dialogue profond qu’elle entretiendra avec l’histoire de la Charité, elle proposera au visiteur une traversée, une suspension, un temps pour éprouver la vibration discrète de la mémoire dans les fibres mêmes de notre monde.

Vue d’atelier - mars 2026 © Julia Andréone
Centre de la Vieille Charité © Ville de Marseille - Ryan Layechi
Adrien Vescovi
Né à Thonon en 1981, Adrien Vescovi est diplômé de l’École supérieure d’art Annecy Alpes en 2006. Après plusieurs années de travail ancrées dans les paysages de Haute-Savoie, il s’installe à Marseille en 2018, où il poursuit une recherche artistique attentive aux milieux et aux rythmes qui les traversent. Sa pratique, en constante évolution, s’élabore selon une économie de moyens et une éthique de la lenteur, revendiquée comme méthode.
Inspiré notamment par les réflexions de Pierre Sansot sur le "bon usage de la lenteur", il développe un travail fondé sur l’observation, l’expérimentation et la transformation progressive des matériaux. Adrien Vescovi explore les possibilités d’une peinture élargie, affranchie du châssis, qu’il envisage à l’échelle du paysage ou de l’architecture.
Il conçoit la couleur comme une matière vivante, issue de procédés empiriques mêlant macérations végétales, ocres, cuissons et expositions aux éléments. Chaque œuvre résulte d’un protocole ouvert où interviennent l’air, la lumière, l’humidité ou la pollution, intégrés comme agents actifs du processus. L’artiste affirme une approche sensible et contextuelle, où le hasard devient partenaire et où le temps constitue un véritable médium. Son travail a été présenté en France et à l’international - notamment au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark, au Mexique et en Espagne, où Adrien a été résident de la Casa Velasquez en 2024-2025.